10 août 2008
La Saga de l'été
Part IV : Epilogue .
J e vous livre d'abord mes impressions en vrac comme elles viennent, avec les bons moments et les souvenirs plus ...disons douloureux.
Je commence , ( une fois de plus, mais elle n'est pas de trop) par vous remercier tous : chacun dans vos actions, vos pensées, vos conseils, votre confiance et votre fidélité. Cette "victoire" c'est aussi la votre, celle du club, et je ne l'oublie pas.
Certes il a fallu pas mal de sacrifices pour monter le niveau car mon temps de l'année dernière m'aurait classé 19ème cette année ... . Inversement mon temps 2008 m'aurait qualifié directement l'année dernière ... En gagnant 25' par rapport à 2007 je ne gagne qu'une place (8 au lieu de 9) ; ma pénalité de 3' (que je ne discute pas mais j'y reviendrai) me prive de la 5 ème place et mes transitions trop longues de la 4ème...mais avec des si tout le monde serait meilleur !!!
La vraie différence avec l'année dernière c'est que j'ai vraiment "maitrisé" la course de bout en bout, dans le sens ou je suis resté en permanence concentré, attentif au moindre signe de fatigue , de pas bien, régulier sur l'hydratation et la prise énergétique; celà ne m'a pas empêché de me trouver dans le très dur lors du 2ème semi mais on y reviendra plus tard.
Au final nous nous retrouvons à 6 de la catégorie (du 4ème au 9ème) en 6 minutes!!! J'étais donc bien "dans le coup" et suis fier de ma qualif, bien qu' elle ait nécessité des désistements
Grande satisfaction car tous les objectifs (ou presque ont été atteints); par ordre croissant d'importance :
- pouvoir prendre le départ ! (Et oui; 3 semaines avant je marchais avec des béquilles ... grosse inflammation sous le pied - certains diront que j'ai courru trop vite à Narbonne .. ils n'ont peut-être pas tort!) Bref anti-inflammatoire C à fond, cataplasme d'argile, de silice, nouvelles semelles en urgence chez le podologue, ostéopathe,etc...)
- finir
- finir avec un meilleur temps qu'en 2007
- finir le vélo avec moins de fatigue dans les jambes
- me rapprocher de A.Louison (10h03) : je l'ai croisée sur tout le marathon puisque j'étais moins de 4 km derrière : elle est vraiment impressionnante avec son si petit gabarit!!
- me faire doubler par Laurent J. : ce qui se traduit par : avoir mené devant Jalabert pendant 1h10, puisqu'il m'a doublé au 2ème km vélo...
- refaire un top 10 V2
- faire la qualif
Objectifs non remplis :
- faire la qualif directe sans désistement
- faire un top 100 au scratch
Physiquement j'ai du mal à récupérer avec douleurs persistantes dans les cuisses (vastes intrenes)
Psychologiquement je relache un peu mais tout va bien
Je pense régulièrement à la course, à tous ceux que j'ai vu souffrir sur le marathon et arrivées tardives 12h et plus : quel calvaire pour certains
08 août 2008
La sage de l'été..
Part III : Le Footing
Dominique me signale que je suis 14 dans mon groupe d'age 'alors que j'étais 9 en 2007 avec 10' de plus .. loin de me décourager cette nouvelle me renforce sur la nécessité impérative de sortir une bonne cap sans quoi s'en est fini de tout espoir de qualif.
Je m'applique donc à économiser la foulée tout en la modifiant de temps en temps pour ne pas tomber dans la monotonie répétitive du coureur de fond; je n'oublie aucun ravito : boire, boire et boire encore; un gel à chaque tour; le premier est déjà fini en 47' à 13,3 km/h (50' en 2007); je ne l'ai pas vu passer mais je sais que tout reste à faire; le second me fait prendre la mesure du chemin à parcourir le retour depuis l'aéroport me parait interminable : pourtant c'est dans ce tour que je serai le plus régulier : 25'36" pour l'aller/ 25'38" pour le retour (soit 51' contre 55 en 2007) avec une moyenne de 12,4km/h.
Ca y est !! c'est ici que commence la course dans la course : celle des minutes gagnées , des places grignotées km après km : je vous le dis maintenant, j'en ai vraiment c.... pour aller les chercher ces P..... de place, une par une, avec les dents, au mental
; les pieds en feu, les cuisses qui brûlent, même pas mal; fin du troisième tour; Domi voit que je suis dans le dur : elle se trompe je suis dans le très très dur:evil: Elle m'annonce que je suis 12 (en fait c'est ma place après le 2ème tour) mais en fait j'en ai doublé 2 de ma catégorie avec 2 chouchous comme moi, je pense donc à ce moment que je vais rentrer dans les 10.
Mon Martin est là qui m'encourage de toutes ses forces
Je ne lâche rien, j'en garde même un peu pour le dernier retour; ce 4 ème tour va être décisif : tout le monde est à l'arrêt, marche, discute, respire, boit, je garde l'allure , je serre les dents, j'ai vraiment mal aux jambes, je ne m'arrête même plus au ravito, attrapant les gobelets à l'arrachée, criant avant d'arriver sur le stand : de l'eau, de l'eau !!
Dernier demi tour : je ne sais rien sur la distance qui me sépare du 9ème ou du 8 ème; mais suis-je vraiment 10ème ??
je sais seulement que dans ce dernier tour PERSONNE ne m'a doublé : on ne me referra pas le coup de l'année passée. Je voulais accélérer l'allure sur le retour; j'arrive tout juste à ne pas la ralentir; km 40, je m'arrache et me donne 10' maxi pour finir,je pense à mes minots, à Domi à toute ma préparation si minutieuse; cette place je la veux, je sais que je peux la mériter; j'entends le micro de l'arrivée qui hurle , les gens qui crient, je vais bientot passer devant mon mini-club de supporters pour la dernière fois : mon gamin est là, il saute de joie ; je l'attrape par la main pour les 300 derniers mètres que nous finirons ensemble; avant d'entrer dans le couloir final je jette un oeil derrière moi : personne à moins de 50 mètres
Je savoure ces derniers instants : le temps s'affiche au dessus de moi : moins de 10h20 avec un marathon en 3h27 : vu mon peu d'entrainement en cap cette année je ne peux qu'être satisfait du résultat.
Je lève les bras épuisé; je franchis la ligne et m'écroule par terre ; on me relève pour m'aider à m'allonger un peu plus loin à l'ombre.

je reprends peu à peu mes esprits ; Martin est à coté de moi un peu inquiet; je le rassure et m'asseois plus confortablement, m'aspergeant avec une bouteille d'eau pour faire tomber la température : la machine était à l'évidence en surchauffe.
Pour la deuxième fois je me pisse dessus, incapable du moindre effort : tout lache d'un coup : d'ou l'interet du régime sans residus sinon je te raconte pas les dégâts
Tout ça s'est vraiment passé comme ça : il m'a fallu aller puiser très loin pour gagner ces quelques minutes qui me manquaient encore à 15km de l'arrivée.
06 août 2008
La Saga de L'été .
Part II : La balade à vélo
Transition standard c'est à dire pas très rapide pour moi : j'avais opté pour une tenue vélo complète et comme personne du club n'était là pour m'espionner je me suis mis en Scoot tout blanc pour me protéger du soleil.
Départ bonne allure sur la Promenade, l'air est frais, les roues carbones à rayons rouges glissent sur le bitume, je me ravitaille : compote + gel + boisson (j'avais pris un gel 20' avant le départ natation).
Au bout de 5 ' le Jaja me passe rapidement, je décide de lui laisser un peu d'avance et de le refaire dans les bosses
25km plats sans probleme sauf que tout le monde se suit à la même allure (entre 30 et 35) : on est trop nombreux et la route par endroit pas assez large pour s'écarter; de plus tout le monde sait que l'effort va venir rapidement après et donc personne ne cherche vraiment à se détacher (et encore moins à se laisser distenser car derrière il y en a tout autant à 50 m. Donc = drafting ou pas drafting : aller Hop 3 minutes à tout le monde ...no moe comment
Les choses sérieuses commencent : toute la montée ne sera qu'un bonheur : les roues et boyaux rendent à merveille; je n'ai pas l'impression de forcer : je monte au train, léger en sifflotant pour énerver les gros musclés qui transpirent et je me régale; dans la première descente vers Tourette je ne m'en laisse pas compter par les forts en cuisses et je tiens la distance : mon pied ne me fait pas mal, les jambes semblent au rendez-vous.
Je remonte les places par paquets de dix sans me mettre dans le rouge, plus ça monte mieux je me sens; j'arrive au sommet (km70) déçu d'y être déjà; Je récupère mon ravitaillement (2 gourdes préparées le matin, 2 compotes avec gels scotchés dessus) et j'entame la descente et traversée du plateau de Caussols : pas de vent ou très peu, l'air est frais (1000m) que du bonheur, je mets un peu de braquet mais reste prudent pour pas brûler les cuissots trop vite
Quelques petites bosses, une méga descente, virage en épingle à cheveu à droite puis la route ou Christophe a failli prendre un arbre sur la tronche en 2007. Je reste sur le prolongateur un long moment sur quelques faux plats montants et descendant.
J'arrive enfin sur le segment aller et retour : l'année dernière j'avais croisé Alexandra Louison juste à cet endroit : elle avait donc 10km (environ 20mn) d'avance sur moi; cette année je la croiserai 2 km plus loin soit avec 6 km de retard seulement ; tout ça me donne la pêche et je m'applique à pédaler régulier sans mollir malgré 2-3 gros braquets qui me passent mais je les reverrai vite plus loin dans la montée vers Coursegoules. La encore je récupère bon nombre de places sur cette dernière difficulté (km 110 115 environ).Le parcours est magnifique, la route sans encombre et je me retrouve seul pendant de longues minutes pour la première fois de la course : je savoure ces instants avec délice. Je reste concentré sur la course et me ravitaille toujours de façon régulière (un gel ou une compote toutes les 45', boisson toutes les 15' + eau aux ravitaillements que je me verse largement sur les cuisses, le dos et la tête pour "refroidir" l'organisme.
Suit une descente magnifique à tombeau ouvert : rester prudent , les virages sont serrés dans la descente après le village du Broc, et la route un peu moins bonne ; je passe sur la pénalité qui ne m'affecte guère, je sens que je suis bien, pas (encore) fatigué et prêt à en découdre pour les derniers km et sur la cap
Mais la descente dans la vallée me fait réaliser que nous étions au frais en altitude et que le retour va être chaud-chaud. De fait il est midi et c'est une forte chaleur qui nous surprend et va nous accompagner avec un bon petit vent de face sur les 15km jusqu'à St Laurent du Var : je décide alors de forcer un peu plus sur les jambes et m'imagine derrière JC à essayer de le suivre, me remémorant nos séances d'entrainement
Retour sur la Promenade ou je me fais doubler par une bonne dizaine de gars sur 5 km, mais je suis déjà sur le Marathon dans ma tête et je laisse dérouler tranquille sachant que j'ai gratté plus de 10' sur le vélo de 2007, avec moins d'effort me semble-t-il.
En effet je rentre au parc en 6h40 contre 6h55 en 2007 (j'avais alors débuté le marathon pile à la 7ème heure de course.
Cette fois ma transition sera plus longue , grévée par mes 3 mn de prison et parce que je dois me changer entièrement : j'ai décidé d'une tenue cap pure. Dominique qui m'a vu arriver à vélo ne comprend pas pourquoi je ne sors pas et pense au bout de 6 mn que j'ai un pépin, mal au pied et que j'abandonne
Que nenni tout baigne, même pas mal aux pieds; me voilà fringant neuf après mes 9 mn de sieste (pendant lesquelles je me suis pissé dessus dans ma belle tenue Scoot pour ne pas perdre encore 2 mn auWC)
Attention prudence pas trop vite , la chaleur est bien là; casquette vissée sur la tête (celle de mon premier tri CD à Bourg en Bresse il y a 3ans exactement), lunettes infra-rouges, débardeur blanc, épaules crémées , j'aborde avec envie cette troisième partie à 6h51 de course.........
03 août 2008
La Saga de l'été
De l'Isle à Hawaii en passant par Nice .
Reçit du vieux chirurgien de Bourg en Bresse de son épopée Niçoise .
Part I : L'avant course et la natation.
IRONMAN NICE ou la chronique d'une qualif annoncée by Stefou
J'avais affiché l'objectif depuis plusieurs mois, ambitieux pour certains, irréaliste ou utopique pour d'autres; j'aurais pu passer à coté à peu de chose près; il m'a fallu un peu de chance : je l'ai provoquée.
Ou il y a une volonté il y a un chemin
Départ pour Nice le vendredi fin après midi avec Domi et Martin; la glacière est pleine de Tapioca
Petit hotel sympa dans la rue Massena tout près de notre resto à pizzas (pour JC et Philou); je m'installe dans ma chambre, au 3ème, seul;
Restau tranquille : pates, viande blanche... bref comme d'hab quoi !
Samedi matin :lever 7h30; petit dej ds la chambre (semoule, creme de marron, biscottes, tapioca, thé); 8h30 séance natation avec ma nouvelle combi que j'avais testée par 2 fois dans la semaine au Paty : je nage 45' tranquille, bonnes sensations, l'eau est chaude : aucune lésion de brulure au niveau du cou
Je vais chercher mon dossard et rentre à l'hotel faire un 2ème petit dej avec Domi et Martin; ballade et bord de mer jusqu'à 13h; repas léger restau : poisson/riz
Préparation vélo et direction à 15h vers le parc pour enregistrement : L'horreur !! une file immense à attendre sous le cagnard.
Demi-tour et je rentre à l'hotel pour une sieste bienfaisante jusqu'à 17h
Retour au parc à vélo, déposer la monture et les sacs de transitions
Plage et baignade 18h-19h avec Martin
Retour hotel , douche, restau - pates et à 21h je suis sur mon lit à déguster mon Tapioca, ma gelée de cerises (du jardin!), et tout le reste devant un n'ième match de foot dont je ne verrai pas la fin
Jour J H-3; réveil tranquille, étirements, petit dej ds la chambre jusqu'à 4h15; je me rallonge 1/2h, repasse une nième fois en revue tout l'aspect technique de la course, transitions, ravitaillements, fréquence des gels, etc ..
5h , départ pour le parc : 15' de marche cool, il fait bon ; le parc est impressionnant, je suis très loin de l'entrée (c'est à dire de la sortie )
Derniers préparatifs, étirements, vaseline, combi, bouclage du sac street wear; 6h on quitte le parc : la grande transhumance des pingouins a commencé : qu'est ce qui les pousse à se jetter ensemble à l'eau ce jour là ???
Je nage 15' tranquille avec quelques accélérations comme me l'a conseillé Alain; retour sur berge et attente du départ
Aucune angoisse, aucun stress contrairement aux fois précédentes; on sent que le soleil va sortir de l'eau dans quelques minutes, l'instant est toujours féerique;
Je me place au 4ème rang dans le box des moins de 1h06; celui d'en dessous (moins de 1h02 me parait encore trop juste); contrairement à mon habitude je viens me placer dans les tous premiers rangs , confiant.
C'est parti : toujours le même programme essoreuse : 100 mètres en wp puis 200 m en 2 temps, je ne m'essoufle pas, je garde le rythme mais impossible de repérer la première bouée qui est à 1000m; c'est la bataille : surtout rester calme, ne pas s'énerver, ne pas rendre les coups ça fatigue deux fois plus, rester concentré, trouver les petits espaces libres pour garder son rythme et "poser sa nage"; déjà la prmière bouée et nouvelle bataille; la suivante est à moins de 400 m; on ne trouve pas de place tranquille; tant pis, le rythme est pris; maintenant je vois les bouées, la trace est plus directe; la dernière ligne droite est claire; fin de la première boucle (2400m)sortie australienne; coup d'oeil au chrono : 40' et des poussières, c'est correct et je me sens bien ; la deuxième boucle sera plus "douce" mais du monde jusqu'au bout : 1h04 : je suis dans les clous même si j'avais espéré 1h02; je verrai plus tard que je ne suis qu'à 15' des premiers et sorti dans le premier 1/4 du peloton, ce qui me conforte sur ma (faible) progression.











